Encore de la violence au hockey. Quoi de neuf me direz-vous. Est-ce moi qui réagis particulièrement vivement ou est-ce que ce sport a besoin de cette violence pour vendre auprès du public un événement enlevant et riche en émotions. La popularité du kick-boxing ou de la boxe extrême me trouble toujours. Doit-on aseptiser ce sport, à l'image de notre société où la rage au volant est devenu un phénomène de société. Doit-on émasculer les mâles qui font si facilement preuve de violence. Est-ce un encouragement à la violence conjugale? Jusqu'où aller dans notre désir de réglementer l'expression de cette pulsion de mort qui vit si bien en nous.
Je ne sais pas pourquoi, mais je réagis toujours vivement à la violence au point que je ne peux la regarder ou encore moins la subir. Quelque chose dans mon enfance surement...encore une autre. J’ai beaucoup de difficulté à me remettre de mes émotions et j’en tremble presque de rage ou d’impuissance. Depuis toujours, cet élément de la personnalité me fascine. J'éprouve parfois beaucoup de violence en moi.
Cependant, je sais que la violence fait partie de l’âme humaine comme la bonté ou l’altruisme. C’est son côté sombre. Sa facette non avouable, honteuse, repoussante, dégradante. Je suis littéralement fasciné par cette bipolarité de l’Homme tel qu’illustrée brillamment dans la culture japonaise. On y a tous vu des gens passer de la bonté angélique à la haine sordide en peu de temps. Que de délicatesse, que de raffinement pour passer soudainement à la cruauté.
La télévision de son côté réclame du spectaculaire, du sensationnel. Elle doit faire réagir le téléspectateur affalé sur son fauteuil. Captiver, la télévision et son corollaire le cinéma est une machine à provoquer des sensations. Il n’y a qu’une seule façon efficace d’arrêter ce cirque, c’est d’arrêter de regarder ce sport ou d'arrêter de regarder la télévision. En ce qui a trait au hockey, il y a maintenant beaucoup d’années, j’ai cessé de le suivre car je ne comprenais pas ces incessantes bagarres sur la glace alors qu’il n’y en avait pas au soccer, au basket ou au baseball.
La patinoire n’est pas obligée de ressembler à une arène romaine où les chrétiens se faisaient bouffer par les lions. Sans verser dans la critique facile et sexiste, où violence égale énergie virile, l’homme n’a pas le même regard face à la violence que la femme. Elle ne s’exprime pas de la même façon mais elle ne lui est pas exclusive. Sur ce point comme sur beaucoup d'autres, notre société n'est pas plus évoluée que beaucoup d'autres. Qu'avons-nous appris?